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DPE classé F ou G : peut-on encore vendre votre logement en 2026 ?

18/06/2026
DPE classé F ou G : peut-on encore vendre votre logement en 2026 ?
Vendre un logement F ou G reste légal. Décote, audit obligatoire, risques : guide complet pour optimiser votre transaction

Avec 3,9 millions de passoires thermiques représentant 17% du parc immobilier français, la question de leur vente devient cruciale face au durcissement réglementaire. Si les logements classés G sont désormais interdits à la location depuis janvier 2025, qu'en est-il de leur vente ? Maître Laëtitia Fortier, notaire au Mans depuis 2020, vous éclaire sur vos droits et obligations de propriétaire vendeur. Contrairement aux idées reçues, la vente reste totalement légale en 2026, mais elle s'accompagne de nouvelles contraintes qu'il convient de maîtriser. Entre décote du prix, audit énergétique obligatoire et risques juridiques, découvrez toutes les stratégies pour optimiser la transaction de votre bien immobilier malgré son mauvais classement énergétique.

  • Aucune interdiction de vente en 2026 : les logements F ou G restent vendables sans obligation de travaux, mais avec un audit énergétique obligatoire depuis avril 2023 (coût : 400-800€ avec aides possibles jusqu'à 500€ selon vos revenus)
  • Décote moyenne constatée de 16% pour les biens F et 22% pour les G : soit environ 452€/m² de moins qu'un bien classé D, avec des délais de vente allongés de 5 jours en moyenne
  • Opportunité automatique pour 850 000 logements électriques au 1er janvier 2026 : sortie du statut passoire thermique sans travaux grâce au nouveau coefficient (attestation gratuite disponible sur le site ADEME)
  • Responsabilité juridique renforcée depuis l'opposabilité du DPE : risque d'indemnisation jusqu'à 7,5% du prix de vente en cas d'erreur, avec évolution jurisprudentielle vers le remboursement intégral des travaux nécessaires

Vendre un logement DPE F ou G reste légal mais strictement encadré

Aucune interdiction de vente n'existe en 2026 pour les biens classés F ou G, contrairement aux restrictions progressives imposées à la location. Vous conservez donc votre liberté de céder votre patrimoine immobilier sans obligation de réaliser des travaux de rénovation au préalable. Cette distinction fondamentale entre vente et location s'explique par la volonté du législateur de ne pas bloquer le marché immobilier tout en incitant à la rénovation énergétique. Un logement est techniquement classé F lorsqu'il consomme plus de 330 kWh/m²/an en énergie primaire ou génère plus de 70 kg CO2eq/m² par an, et classé G au-delà de 420 kWh/m²/an ou 100 kg CO2eq/m² par an.

Le cadre réglementaire actuel prévoit uniquement l'interdiction de louer les logements G depuis janvier 2025, puis les F à partir de janvier 2028, et enfin les E en 2034. Pour la vente, la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 impose simplement des obligations d'information renforcées, notamment l'ajout obligatoire de la mention "consommation énergétique excessive" dans toute annonce immobilière concernant un bien F ou G.

Le gel des loyers appliqué depuis août 2022 aux passoires thermiques ne concerne pas non plus les ventes. En revanche, cette mesure érode mécaniquement le rendement locatif des biens destinés à l'investissement, ce qui peut indirectement affecter leur attractivité sur le marché de la vente. Les acquéreurs investisseurs intègrent désormais systématiquement ce paramètre dans leur analyse financière.

L'audit énergétique devient votre obligation principale depuis 2023

Depuis le 1er avril 2023, l'audit énergétique est obligatoire pour vendre une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété classé F ou G. Cette obligation s'est étendue aux biens classés E depuis janvier 2025. Cet audit, d'un coût compris entre 400 et 800 euros, peut bénéficier d'aides selon vos revenus MaPrimeRénov' 2026 : aucune aide pour la tranche Rose (revenus élevés), 300 euros pour la tranche Violet, 400 euros pour la tranche Jaune, et jusqu'à 500 euros pour la tranche Bleu (revenus modestes). Il doit être remis à l'acquéreur dès la première visite ou au plus tard lors de la signature de la promesse de vente.

Le document présente au minimum deux scénarios de travaux chiffrés permettant d'atteindre la classe B, avec indication précise des coûts, des économies d'énergie attendues et de l'impact sur les factures. Sa validité limitée à 5 ans, contre 10 ans pour le DPE, nécessite une vigilance particulière si vous reportez votre projet de vente. Attention toutefois : bien que l'obligation d'audit ne soit assortie d'aucune sanction pénale spécifique dans la loi Climat et Résilience, l'acquéreur peut engager votre responsabilité sur le fondement du vice caché (article 1641 du Code civil) ou du dol (article 1137), entraînant potentiellement des dommages et intérêts substantiels.

Les appartements en copropriété échappent à cette obligation d'audit, constituant une différence notable avec les maisons individuelles. Seul un professionnel certifié RGE, un architecte ou un diagnostiqueur agréé peut réaliser cet audit après visite obligatoire sur site.

À noter : Les DPE réalisés entre 2018 et juin 2021 ne sont plus valides juridiquement. Si vous disposez d'un ancien diagnostic de cette période, vous devez impérativement faire réaliser un nouveau DPE conforme à la méthodologie 2021 avant toute mise en vente, sous peine d'exposer la transaction à un recours de l'acquéreur pour vice du consentement.

Les risques juridiques liés à l'opposabilité du DPE

Le DPE est devenu opposable depuis juillet 2021, conférant à ce document une portée contractuelle équivalente aux autres diagnostics immobiliers. Cette évolution juridique majeure permet désormais à l'acquéreur de se retourner contre vous en cas d'erreur sur la performance énergétique réelle du bien. Il faut noter que l'opposabilité ne concerne que la modélisation et la méthode de calcul, mais pas les préconisations de travaux qui conservent un caractère purement indicatif sans valeur contractuelle.

L'acquéreur dispose de plusieurs fondements juridiques pour engager votre responsabilité : le vice caché (article 1641 du Code civil), le dol (article 1137), ou le défaut d'information (article 1112-1). La jurisprudence récente montre des indemnisations pouvant atteindre 7,5% du prix de vente pour un DPE erroné. Plus significatif encore, l'évolution jurisprudentielle depuis juillet 2021 tend vers l'indemnisation intégrale du coût des travaux nécessaires pour atteindre la performance énergétique annoncée dans le DPE erroné, et non plus seulement une décote forfaitaire comme c'était le cas auparavant. L'absence de DPE ou l'omission de la mention obligatoire dans l'annonce vous expose à une amende de 3 000 euros pour une personne physique et jusqu'à 15 000 euros pour une personne morale (agence immobilière, promoteur).

Exemple concret : Un propriétaire manceau a vendu en mars 2024 une maison de 120m² annoncée en classe E pour 280 000 euros. L'acquéreur, après contre-expertise, a découvert que le bien était en réalité classé G avec une consommation de 445 kWh/m²/an au lieu des 320 annoncés. Le tribunal a condamné le vendeur à verser 35 000 euros de dommages-intérêts, correspondant au coût complet de l'isolation des combles (8 500 euros), du remplacement de la chaudière fioul par une pompe à chaleur (15 000 euros) et du changement des menuiseries simples vitrages (11 500 euros), soit l'intégralité des travaux nécessaires pour atteindre la classe E promise.

L'impact financier d'un mauvais DPE sur votre transaction immobilière

Une décote significative selon le type de bien et sa localisation

Les données 2024 des Notaires de France révèlent une décote moyenne de 16% pour les maisons classées F et de 22% pour celles classées G. Les appartements subissent une dépréciation plus modérée, avec respectivement 7% et 10% de moins-value. En valeur absolue, cette décote représente environ 452 euros par mètre carré comparé à un bien classé D.

L'évolution des prix depuis juillet 2021 confirme cette tendance : les biens notés A à D ont progressé de 3,4%, tandis que les passoires thermiques F et G ont chuté de 3,5%. Paris constitue une exception notable avec une décote limitée à 3-5%, la tension du marché atténuant l'effet du mauvais classement énergétique.

Des délais de vente allongés malgré une forte visibilité

Le délai médian de vente atteint 84 jours pour les logements F ou G, contre 79 jours pour les biens mieux classés. Paradoxalement, ces annonces génèrent 32% à 67% de contacts supplémentaires grâce à leurs prix attractifs qui séduisent les investisseurs et acheteurs-rénovateurs.

Les difficultés de financement bancaire constituent un frein majeur. Les établissements de crédit intègrent désormais la performance énergétique dans leur analyse, réduisant la capacité d'emprunt des acquéreurs potentiels. Cette situation explique l'accumulation des passoires thermiques dans le stock à vendre, passé de 10% à 15% entre 2021 et 2025.

Le pouvoir de négociation de l'acquéreur se trouve considérablement renforcé. L'écart entre prix affiché et prix final atteint 6% pour les biens F-G contre 4,2% pour les biens classés D. L'audit énergétique obligatoire, avec son chiffrage précis des travaux, arme l'acheteur d'arguments objectifs justifiant des baisses de prix entre 20% et 40%.

Trois stratégies concrètes pour optimiser la vente malgré le classement F ou G

Profitez du recalcul automatique du DPE sans travaux en 2026

Une opportunité majeure s'offre aux propriétaires de logements chauffés à l'électricité : 850 000 biens sortent automatiquement du statut de passoire au 1er janvier 2026. Cette évolution résulte de l'abaissement du coefficient de conversion électrique de 2,3 à 1,9, conformément à l'arrêté du 13 août 2025.

Vérifiez immédiatement votre nouvelle étiquette via le simulateur ADEME en saisissant votre numéro de DPE actuel. Si votre bien passe de F à E ou de G à F, téléchargez gratuitement l'attestation officielle qui remplace la première page de votre diagnostic. Cette amélioration sans travaux peut représenter un gain substantiel sur le prix de vente et élargir votre pool d'acquéreurs potentiels.

Réalisez des travaux ciblés en mobilisant les aides disponibles

L'isolation des combles, responsable de 25 à 30% des déperditions thermiques, constitue la priorité absolue avec un coût de 25 à 80 euros TTC par m². Dans une maison ancienne non isolée, la répartition complète des déperditions s'établit ainsi : toit 30%, murs 20%, fenêtres 15%, sols et planchers bas 10%, ventilation et fuites d'air 20%. Cette hiérarchisation permet d'identifier précisément vos postes de travaux prioritaires. Visez au minimum la classe D pour sortir du statut de passoire thermique.

Le budget global varie de 10 000 à 60 000 euros pour une maison, de 5 000 à 20 000 euros pour un appartement. Les aides cumulables allègent significativement l'investissement : MaPrimeRénov' offre un bonus sortie de passoire de 10% plafonné à 30 000 euros, les Certificats d'Économies d'Énergie sont doublés voire triplés, l'éco-PTZ permet d'emprunter jusqu'à 50 000 euros sans intérêts, et la TVA réduite à 5,5% s'applique directement. Pour bénéficier du parcours accompagné MaPrimeRénov', vous devez réaliser au moins deux gestes d'isolation thermique parmi : isolation des murs (intérieur ou extérieur), isolation des planchers bas, isolation de toiture ou combles perdus, remplacement des fenêtres et portes-fenêtres, avec traitement d'au moins 25% des surfaces pour chaque poste choisi.

Attention toutefois : depuis janvier 2026, l'isolation des murs et les chaudières biomasse ne sont plus éligibles au parcours par geste de MaPrimeRénov'. Un rendez-vous obligatoire avec un conseiller France Rénov' conditionne désormais l'accès au parcours accompagné pour les rénovations d'ampleur.

Conseil important : À partir du 1er janvier 2027, les maisons individuelles classées F ou G n'auront plus accès au parcours par geste de MaPrimeRénov', uniquement au parcours accompagné plus contraignant et coûteux. Si vous envisagez des travaux progressifs, déposez votre dossier avant cette échéance pour conserver la flexibilité du dispositif par geste et maîtriser votre budget rénovation.

Vendez en l'état avec une stratégie de transparence totale

Vendre sans rénover reste économiquement viable dans de nombreux cas. Adoptez une transparence maximale en affichant clairement le DPE dans l'annonce et en fournissant l'audit énergétique avec ses scénarios chiffrés dès les premières visites. Cette approche rassure les acquéreurs et limite les renégociations ultérieures.

Acceptez une décote réaliste de 10 à 20% selon la tension de votre marché local. Ciblez spécifiquement les investisseurs et acheteurs-rénovateurs qui recherchent activement ces opportunités. Produisez l'audit avant la mise en vente pour recevoir des offres réfléchies et peu susceptibles d'être révisées à la baisse.

Calculez systématiquement le rapport entre le coût des travaux et le gain de valeur espéré. Dans certaines configurations, notamment pour les grandes maisons anciennes chauffées au fioul, la vente en l'état avec décote s'avère plus avantageuse qu'une rénovation préalable coûteuse.

Face à ces enjeux complexes mêlant aspects juridiques, financiers et techniques, l'accompagnement d'un notaire devient essentiel pour sécuriser votre transaction. L'office notarial de Maître Laëtitia Fortier au Mans vous accompagne dans l'analyse de votre situation patrimoniale et la structuration optimale de votre projet d'achat ou de vente immobilière. Grâce à son expertise en droit immobilier et sa connaissance approfondie du marché local, l'étude vous guide dans vos choix stratégiques tout en garantissant la sécurité juridique de votre transaction. N'hésitez pas à solliciter ses conseils personnalisés pour transformer cette contrainte énergétique en opportunité maîtrisée dans le cadre de votre projet de vente au Mans et ses environs.